On a Dime, Part 1
Traduction par William Vilmer et mise en page par Yannick Cordonnier Hernois.

 

Le Groupe Sumner Le bureau temporaire de Greg :

Le dix-septième étage du bâtiment abritant le Groupe Sumner est plutôt calme en comparaison avec le chaos qui règne plus haut, à l'étage de direction. C'est ici que sont situés les bureaux du département financier et Greg Sumner a décidé que l'étage, libre de tout stress et à l'atmosphère sereine, convenait parfaitement pour y établir son bureau temporaire. En sortant de l'ascenseur, Abby ressent également cette quiétude que procurent l'étage et ses bureaux. Elle passe devant quelques analystes financiers, occupés à étudier des rapports budgétaires et pénètre dans un des bureaux situés le long du mur.

"Bonjour," s'exclame-t-elle joyeusement à l'attention de DeEtta Howard, la secrétaire de Greg qui est à la tâche sur son ordinateur. La porte menant dans le bureau de Greg est fermée. "Greg est-il dans son bureau?"

DeEtta regarde Abby d'un air impassible. "Il est au téléphone. Vous désirez attendre ou préférez-vous qu'il vous rappelle plus tard?"

Abby répond avec faux un sourire. "J'attends." DeEtta se remet au travail et Abby reste debout, de manière inconfortable. Il n'y a aucune autre chaise dans la pièce. Abby gesticule et tape des pieds sur le sol, l'allure impatiente.

Quelques minutes plus tard, DeEtta observe le téléphone. "Il est toujours en ligne." Après un soupir d'irritation, Abby se précipite vers la porte. Elle entre dans le bureau de Greg. DeEtta ne peut s'empêcher d'étouffer un petit rire.

Greg est dans le coin de son bureau, en train de lancer quelques balles de golf le long de la pièce. Il lève la tête à l'entrée de Abby. Une voix d'homme se fait entendre dans l'interphone situé sur le bureau de Greg. "...sac est fin prêt mais nous sommes en train de graver le métal des clubs. Ils seront terminés pour le week-end."

"Merci, Stanley," interrompt Greg. "Il faut que je m'occupe d'une blonde impatiente maintenant. Passez un coup de fil à DeEtta lorsque tout sera prêt." La communication est coupée et Greg se remet à ses coups de balles de golf.

"Tu t'occupes de golf alors que nos clients..." commence Abby, clairement énervée.

"Chuuuut!" Greg lève la main dans sa direction afin de lui couper la parole. Il estime la distance entre sa balle de golf et le trou. Ensuite, il la lance avec une infime précision à l'aide de son club. Il jubile après cette opération et adresse un petit sourire à Abby avant de prendre une nouvelle balle qu'il dispose sur le sol. Abby se dirige rapidement vers la balle et y met son pied dessus. "Hé!" proteste Greg sans lever le regard.

"Tiens, jolie chaussure, Abs. Italienne?" "Ça n'est pas drôle! J'ai passé ce dernier mois à rencontrer nos plus gros clients et mes associés financiers sans arrêt. Tu ne veux pas savoir ce qu'ils pensent? Nous n'avons pas dégoté un seul nouveau client depuis l'explosion, ça ne t'inquiète pas?"

Greg essaie de retirer la balle du pied de Abby avec son club pendant qu'elle fait sa tirade. Il abandonne sa tentative et daigne finalement la regarder.

"Ça m'inquiète mais ça ne m'étonne pas. La prospection de nouveaux clients sont dans tes attributions. C'est ton job. Qu'est-ce que tu veux?"

"Que tu cesses de jouer les blasés, pour commencer!"

Greg fronce les sourcils et la regarde dans les yeux. "D'accord, Blondie, tu as toute mon attention, la plus sérieuse qui soit. Vas-y!"

"Les Textiles Stanfield s'inquiètent de leurs usines à l'Est de Los Angeles. Les ouvriers commencent à se plaindre de leur rythme de travail et il se pourrait qu'une grève survienne. Les bénéfices pourraient diminuer de 60 pour cent. Déplacer les usines outre-mer pourrait accroître les marges bénéficiaires à long terme mais Stanfield hésite à cause de la mauvaise réputation que cela pourrait leur procurer, en plus des coûts de déménagement et d'installation à l'étranger."

"C'est le problème. Tu as une solution ou faut-il que je sorte un lapin de mon chapeau?"

"Votre patron est là?!!" La voix fracassante de Walter Peterson se fait entendre depuis le bureau de DeEtta. "Bonjour, Monsieur Peterson. Il est en réunion..." DeEtta est interrompue. La porte du bureau de Greg s'ouvre brusquement et cet homme, la soixantaine affirmée et le visage rouge de rage, fait irruption. Il est vêtu d'un costume trois pièces. DeEtta le suit, le visage anxieux.

"Sumner!! J'en ai assez!"

"Je suis désolée, Monsieur Sumner."

"Ça ira, DeEtta," répond Greg. Sa secrétaire sort du bureau et referme la porte. "Walter! Prenez un siège ou un club de golf, c'est comme vous voulez."

Peterson remarque la présence de Abby. " Vous êtes ici tous les deux. Tant mieux! Je suis un de vos plus gros clients depuis cinq ans. J'ai supporté vos absences quand vous étiez 'parti à la pêche', j'ai supporté votre yacht défectueux et vos mauvaises parties de golf, mais maintenant ça suffit!"

"Walter..." intervient doucement Abby, "Commencez donc par le début et dites-nous ce qui vous irrite à ce point."

"Les bombes! Les activités terroristes! Je ne veux rien à voir affaire avec ça et je ne veux pas que mes sociétés immobilières soient liées à des opérations subversives. Les nouvelles dans la presse sont déjà assez mauvaises et voilà que je suis interrogé par des enquêteurs du FBI sur mes relations en Amérique du Sud! Je ne sais pas ce que vous manigancez à Buenos Aires mais moi, je ne suis jamais allé au Mexique et je n'ai aucune envie d'y aller. Mes affaires ont toujours été cent pour cent américaines et elles vont le rester!"

"Buenos Aires est en Argentine, pas au Mexique," répond légèrement Greg. "Je peux vous fournir un atlas. La vie nocturne y est trépidante. Vous devriez y aller."

"Je m'en fiche, Argentine ou Tombouctou!" s'écrie Peterson.

"Il y a eu, à l'évidence, quelques malentendus au sujet de cette enquête sur l'explosion," explique calmement Abby, en fusillant Greg du regard. "Mais nous avons une solution en ce qui concerne les médias, solution dont vous serez partie intégrante, Walter."

Peterson s'assied et accepte le cigare que Greg lui offre. Les deux hommes allument leur cigare respectif. Abby essaie de ne pas trop tousser au fur et à mesure que la fumée emplit la pièce.

"Le Groupe Sumner travaille avec les autorités de la ville afin de financer un projet de construction d'habitations à loyer modéré," continue Abby. "Je suis sûre que vous avez lu le journal de ce matin. Ce projet nécessite l'acquisition de terrains et malheureusement, ceux dont dispose la ville, ne conviennent pas. Walter, avec tous les terrains que vos sociétés possèdent, vous pourriez fournir le cadre parfait à ce projet de construction et bénéficier ainsi d'une excellente couverture médiatique de la part de la presse locale."

Peterson fronce les sourcils tout en réfléchissant. "Y aura-t-il des investisseurs étrangers?"

"Non, du 100 % Los Angeles," affirme Greg.

"Et Gary Ewing pourrait obtenir le contrat de construction," ajoute rapidement Abby. Greg a le regard menaçant.

"Ewing. Il jouit d'une bonne réputation," rétorque Walter, en pleine réflexion. "Y a-t-il un lien de parenté entre lui et vous?"

"J'ai été mariée à lui. Je sais que sa réputation est excellente."

"A qui n'avez-vous pas été mariée Madame Ewing?" s'exclame Walter avec un rire soudain. "Vos pique-niques de famille doivent être bruyants! C'est le problème avec votre génération. Vous vous débarrassez de vos époux comme ma femme le faisait avec ses vieilles robes. Contentez-vous d'un seul époux et si ça ne fonctionne pas, allez dans la chambre d'amis et espérez que vous lui survivrez! C'est ce que j'ai fait avec ma femme et ça a marché! Des habitations à loyer modéré, dites-vous? J'adore cette idée!! Greggie, vous avez une perle ici! Gardez-là, elle vous convient à ravir!" Peterson se lève. "J'ai des affaires à traiter mais je reprendrai contact avec vous très bientôt." Il regarde Abby.

"Pourquoi pas un déjeuner à L'Océan?"

"Parfait! A bientôt. Greg, vos cigares sont toujours aussi excellents."

"Ils viennent spécialement de .... Buenos Aires! Je plaisante, Walter, cessez de faire la moue. Une dernière chose avant que vous ne partiez. De quoi parliez-vous donc lors de votre partie de golf la semaine dernière? Un nouveau type de teinture?"

"Non! Votre ouïe est aussi mauvaise que votre jeu, Greg. Je parlais d'un coton coloré naturellement. Pas besoin de teinture. Ma nièce est la créatrice d'une ligne de vêtements. Il y a des usines qui fabriquent ce type de coton en Géorgie et qui nous ont présenté cette technique."

"Merci, Walter. Que diriez-vous d'un dîner plutôt qu'un déjeuner? Accepteriez-vous que George Stanfield se joigne à nous?"

"Aucun problème." Peterson quitte la pièce et Greg retourne à ses occupations de golf d'intérieur. "Abby, j'aime quand mes associés trouvent une solution après s'être lamentés sur leurs problèmes. Dis à ton mari d'utiliser les services de notre consultante, Karen, afin d'étudier les techniques de coloration naturelle du coton ainsi que leur impact sur l'environnement. Les Textiles Stanfield pourraient y être impliqués. Comme ça, même s'ils déplacent leurs usines à l'étranger, ils auront toujours un moyen de s'attirer les bonnes grâces des médias."

Abby ne veut pas laisser le dernier mot à Greg. "Je ne vais pas tolérer qu'on puisse enquêter et jeter le doute sur nos clients, Greg! Comment peux-tu être aussi stupide? Quel pourrait être le lien entre Peterson et Claudia Whitaker et son coffre? Il a commencé ses affaires avec le Groupe Sumner bien après qu'elle soit partie à Monaco."

Greg interrompt ses coups de balles et lève de nouveau la tête. "Il est de mon devoir envers cette compagnie de découvrir le mobile de l'explosion. Sans oublier mon inquiétude quant à ma sécurité, celle de ma nièce et de tes petits-enfants," ajoute-t-il avec un sourire.

Abby soupire à cette dernière réplique. "Tu as découvert quelque chose?" demande-t-elle sans laisser trop transparaître sa curiosité. "Qui a envoyé cette bombe et pourquoi le coffre de Claudia se trouvait-il en Argentine?" Elle ressent un noeud dans l'estomac mais garde son calme.

Greg se rapproche d'elle. "Je n'ai pas trouvé grand chose. J'ai loué les services d'un détective après la lecture du testament de ma soeur. Tout ce qu'il a découvert, c'est que ce coffre a été transporté à San Francisco avec les effets personnels de Robyn Sheehan et de son mari. Ils étaient les locataires de la maison de Claudia."

"Pourquoi à San Francisco?"

"Les grands-parents des Sheehan, Morris et Rosemary Jacobs, habitaient là-bas. Ils sont morts tous les deux quelques mois après le tremblement de terre. Tous ces noms te disent-ils quelque chose?"

"J'ai rencontré les Sheehan lorsque nous étions voisins. Elle, Robyn, était étudiante de troisième cycle, je crois. Du genre intello." Abby se tait un instant. "C'est terrible. Ils sont morts tous les deux dans le tremblement de terre."

"Elle étudiait peut-être la vie d'Eva Peron, sinon je ne vois pas comment le coffre est allé de San Francisco à Buenos Aires. Et les deux seules personnes qui pourraient nous répondre, Anne et son gigolo d'italien, sont hors jeu. Elle est amnésique et lui est mort."

L'estomac de Abby se noue à nouveau lorsque Greg mentionne la mort de Nich Schillaci. Greg le dévisage. "Mais tu le connaissais, cet Italien, Blondie. Tu t'étais servie de lui dans ta combine avec Treadwell. Pourquoi donc ce pauvre type était en ville et comment a-t-il pu retrouver le coffre de Claudia en premier?"

"Il était certainement au service de ta femme," répond Abby. "Et je n'aime pas tes sous-entendus, Greg. C'est sur Anne que tu devrais enquêter. Je me souviens qu'elle avait parlé d'un séjour à Palm Springs, quelques jours avant l'explosion. Elle est partie et on ne l'a plus vue jusqu'à la nuit de l'explosion. C'est peut-être elle qui a placé la bombe."

"Ha! Annie ne sait même pas utiliser un four à micro-ondes! Mais je vais lui titiller ses souvenirs. En tout cas, elle n'a aucun problème de mémoire pour ce qui est des cartes de crédit."

"J'ai beaucoup de travail. Tiens-moi au courant de tout ce que pourraient découvrir tes détectives. Je te ferai un petit briefing au sujet du compte Stanfield avant le dîner."

"Ciao, bella!" Abby se retourne avec surprise à cette exclamation. "Ce n'est pas comme ça que t'appelait ton amant italien?" Il sourit.

Abby ne répond que par un faux sourire et quitte le bureau. Pour elle, la mort de Nick Schillaci est à la fois une bénédiction et une malédiction. Dans le secrétariat de DeEtta, elle aperçoit Bob Phillips, dans l'attente d'être reçu par Greg. Il est assis dans une chaise.

"Confortable, Bob?" grommelle-t-elle à l'attention de DeEtta.

"Bonne journée, Madame Ewing." DeEtta n'a pour toute réponse qu'un silence glacial.

 

L'hôtel de ville de Knots Landing :

Gary s'assied dans la salle de presse du Conseil municipal. Lorsque l'adjoint au maire vous appelle et vous invite personnellement à une conférence de presse, c'est sûrement bon signe, se répète-il. Par contre, tous ces visages inconnus, ne le rassurent en rien. D'autres concurrents en lice peut-être? On dirait Don Carter, de Carter Brothers Builders, assis au premier rang.

Il n'a pas le temps de s'inquiéter davantage. Un des assistants du maire entre dans la salle et contrôle le micro. Les équipes de journalistes vérifient leurs caméras.

"Ça vaut le déplacement, croyez pas?" Un vieil homme mal rasé, dans une veste en tweed froissée, apostrophe Gary dans les oreilles.

"Oui, c'est vrai." Gary ne prête plus attention à l'homme et se concentre sur le podium.

"Il était temps de que la ville s'occupe un peu de nous, les gens sans pognon," poursuit le vieil homme.

"Oui, en effet." Gary fait un signe affirmatif de la tête. Allez, Madame le Maire, je n'ai pas toute la journée devant moi, presse-t-il.

"Ça ferait pas mal d'électeurs en plus," dit l'homme d'un air enjoué. Gary remarque que la salle de conférence, outre les journalistes et le caméramans, est remplie de personnes qui n'ont, pour toute fortune, que quelques petites pièces en poche. Il se demande s'ils ont été invités uniquement parce qu'ils constituent une toile de fond intéressante pour le discours du maire.

La porte latérale s'ouvre et la première magistrate de la ville, apparaît enfin, flanquée de ses adjoints. Ils prennent tous place dans leur siège face au public. Tout sourire, le maire reste debout et prend la parole sur le pupitre, disposé devant une fresque panoramique qui dépeint des tribus d'Indiens, les premiers vrais habitants de Knots Landing.

"Tout d'abord, j'aimerais adresser mes remerciements à tous les travailleurs qui ont consacré une partie de leur emploi du temps afin d'assister à cette conférence de presse." Christine Adams, tel est son nom, renseigné par la plaque apposée sur le pupitre, ne se départit pas de son sourire. "Nous retroussons nos manches pour votre bien-être!"

L'assistance applaudit poliment. Oh, allez, va à l'essentiel, pense Gary.

"Nous sommes ici afin de faire état des progrès effectués dans le projet 'De nouvelles maisons pour nos voisins'," déclare le maire Adams. "Nous avons accompli des progrès considérables dans la conception pratique de cette initiative hors du commun afin que tous nos concitoyens puissent retrouver des habitations où ils se sentiront en sécurité. C'est ce que nous appelons 'un droit fondamental'."

Le vieil homme près de Gary s'esclaffe et se tape les genoux.

"Maintenant, en quoi cette initiative est-elle hors du commun, me direz-vous?" ajoute le maire. "Nous faisons un pas de plus aujourd'hui en vous annonçant les partenaires de la ville qui vont nous aider à concrétiser ce rêve. Tout d'abord, nous sommes sur le point de signer un accord avec un entrepreneur qui va fournir à nos contribuables les meilleurs logements aux coûts les plus bas. Cet entrepreneur est avec nous : il s'agit de Monsieur Gary Ewing, des Entreprises Gary Ewing. Monsieur Ewing, voulez-vous vous lever, je vous prie?"

On a gagné! Gary sourit. Il se lève et fait un signe de la main. L'assistance applaudit. Gary se rassied et le vieil homme lui donne une tape amicale dans le dos.

"Merci... Merci à vous, Monsieur Ewing." La voix du maire essaie de calmer les applaudissements du public. "Mesdames et Messieurs, réservez maintenant la suite de vos applaudissements pour notre deuxième partenaire que je m'apprête à vous présenter. Comme vous le savez, ce projet immobilier représente un investissement financier gigantesque pour notre ville. Il ne faut pas que le bien-être de nos concitoyens sans logement soit atténué par des considérations pécuniaires. Nos contribuables, qui ont déjà dû supporter le coût de reconstruction de leurs habitations, ne peuvent pas à eux seuls supporter la facture d'un tel projet." Des murmures commencent à se répandre dans le public.

"Dans le monde des arts, les mécènes généreux sont souvent appelés "anges". Bien que l'industrie cinématographique soit située à l'extérieur de notre ville, je suis heureuse de vous présenter notre ange à nous. Au nom du Groupe Sumner, Mademoiselle Lydia Gutierrez!"

Oh, non. Gary reste sans voix dans sa chaise pendant que la salle applaudit à tout rompre. Lorsque le calme revient, Lydia est déjà sur le podium, près du maire.

"Merci, Madame le Maire," s'exclame Lydia dans le micro. "Et merci aux habitants merveilleux et chaleureux de Knots Landing. Comme vous le savez certainement, le Groupe Sumner a subi une autre tragédie depuis le tremblement de terre qui avait divisé notre communauté. Nous sommes en train de reconstruire notre siège au coeur de la ville. Autrement dit, le Groupe Sumner ne s'en ira pas!" Le public l'interrompt avec une nouvelle salve d'applaudissements exprimant par là sa gratitude.

Abby aimerait tout ce cirque. Gary affiche un air maussade face aux caméras. L'homme à ses côtés lui lance un regard interrogateur avant de sourire et de reprendre ses applaudissements.

Lydia regarde les caméras. "Malgré notre état de crise temporaire, il était hors de question pour le Groupe Sumner d'ignorer plus longtemps le drame que vivent les moins fortunés de nos concitoyens. C'est pourquoi le Groupe Sumner sera le partenaire principal du projet 'De nouvelles maisons pour nos voisins'. Nous allons aider la ville à financer ce projet crucial." Une fois encore, les gens applaudissent.

"Madame le Maire, nous sommes heureux de collaborer étroitement avec vous et votre conseil municipal ainsi qu'avec Gary Ewing et ses entreprises de construction. Maintenant au travail!" La salle tout entière fait une ovation. Gary se lève aussi, mais uniquement pour quitter la conférence de presse.

 

Le Groupe Sumner - L'étage des associés :

Il est 17 heures. Le soleil estival n'a pas encore entamé son crépuscule. Abby n'a pourtant aucune idée du temps magnifique qu'il fait à l'extérieur. Son bureau temporaire à l'étage des associés, qui abrite également son personnel financier et commercial ainsi que le département juridique, ne possède aucune fenêtre.

Elle referme le dossier des Pépinières Caldano et sourit chaleureusement à son fils, qui est assis en face d'elle. "C'est excellent. Tony est sûr que son père va accepter le contrat?"

Brian fait signe que oui. "J'ai passé les deux dernières semaines à visiter les 26 pépinières Caldano avec Tony. J'en sais plus sur le jardinage et l'aménagement des parcs que je n'aurais jamais pu imaginer."

"Et Tony sera aussi avec vous ce soir au dîner, ou bien tu seras seul avec Roberto?" Abby est un peu nerveuse pour son fils. Convaincre le fils du propriétaire, Tony, c'est une chose. Mais Brian devra persuader Roberto Caldano, immigré de la première génération, d'intégrer sa chaîne de pépinières à la clientèle du Groupe Sumner et ce, malgré la mauvaise presse de ces derniers temps.

Les deux. Ne t'inquiète pas. Le contrat sera signé. Monsieur Caldano est très préoccupé par la cause des immigrés. Le projet des logements sociaux lui plaît, même si c'est la compagnie de Gary qui va construire les habitations. Tu es sure que sa société ne va pas exploser?"

"Nous avons eu assez d'explosions. Je m'occupe de Gary. Mais je suis contente que tu sois là pour assurer mes arrières." Le visage de Abby s'adoucit quand elle fixe son fils. Le regard de Brian lui rappelle l'époque où il était adolescent et où elle jouait avec lui aux jeux vidéos. Maintenant, son premier contrat d'envergure va être signé. Sa première étape vers la gestion complète d'une entreprise. "J'aimerais y aller avec toi," dit-elle, "mais j'ai ce dîner avec Peterson. Si tu veux le remettre à demain soir."

"Pas question! Là tu parles comme une mère et non plus comme un superviseur. Cesse de t'inquiéter!"

Ils se lèvent tous les deux et se dirigent vers la porte du bureau. "Tu vas être brillant! Kate doit être fière de toi. Je ne l'ai jamais entendu le dire, mais je suis sûre qu'elle l'est."

"Tout ce que je fais, Maman, c'est pour Katie et les enfants. Ils sont les êtres les plus importants de ma vie." Le coeur de Abby tremble un peu jusqu'à ce qu'il ajoute, "avec toi."

Un sourire radieux aux lèvres, elle ouvre la porte. "Rapporte-nous un nouveau client," dit-elle d'un ton encourageant. Brian se dirige vers son bureau, quelques portes plus loin. Jill est assise à la réception.

"Karen a-t-elle déjà remis son rapport sur le coton naturellement coloré?" demande Abby à sa secrétaire. "L'heure du dîner approche. Et je ne vais pas improviser."

"Elle vient d'entrer dans le bureau de Monsieur Ewing afin d'étudier la question."

Abby presse le pas vers le bureau de son mari. Elle entend quelqu'un tousser depuis le couloir. Elle se retourne et aperçoit Harvey Gellman sortir de son bureau. Elle sourit : une pensée soudaine lui vient à l'esprit. "Appelez DeEtta et dites-lui que Jack sera également présent au dîner avec Peterson. Nous serons dans le bureau de Greg dans dix minutes." Abby retourne dans son bureau, ferme la porte, s'assied et prend le téléphone.

 

Et Maintenant...

Rendez-vous à l'Episode 18 1ère partie, Page 1, 3 ou 4

 

Cliquez Ici pour Retourner à la Page d'Accueil